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Prince de rien
blog perso d'un jeune gay à paris

Mars 2005


La pensée 
du moment

Je ne vois pas pourquoi les gens attendent d'une oeuvre d'art qu'elle veuille dire quelque chose alors qu'ils accèptent que leur vie à eux ne rime à rien.
David Lynch (in Libération, 23 mars 1996)
On voudrait rester beau / Mais l'ennui nous abîme
Florent Marchet, Tous pareils
Je suis profondément superficiel.
Andy Warhol
(à visiter: Andy Warhol - l'oeuvre ultime, exposition du 28 janvier au 8 mai 2005 au Musée d'art contemporain de Lyon)

JBO's project, mon site sur le web
http://jbo.project.free.fr

Pourquoi Prince de rien?

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Coups de coeur
Robert en concert à la fnac de Lyon
Mylène Farmer, rouge et fragile
Promenade des lions à Lyon Pink tv
Vincent Delerm
Robert en concert au Divan du monde
Mercredi 30 mars 2005 - Trilogie 1 : Moi et dieu
(Trilogie, une saga en 3 épisodes et 1 épilogue)
En somme c'est ça:
Pour plaire aux jaloux
Il faut être ignorée
Mais là, mais là, mais là, pour le coup
C'est Dieu qui m'a planté, alors?
Mylène Farmer (Je t'aime mélancolie)
Je crois en Dieu, mais je ne lui fais pas confiance... et je ne l'aime pas, de la même façon qu'il ne m'aime pas...
[additif du 16 avril 2005]

Le club des catholiques, de Didier Super (clic droit > enregistrer la cible sous)

Dépêche: le pape est alimenté par sonde gastrique
Un autre malade



Mardi 29 mars 2005 - Porno Graphique

J'ouïs dire, derrière les fenêtres, que l'amour n'est rien. Et pourtant, j'ai longtemps rêvé, dans les rues de Londres, que tous ces combats ne soient pas vains. Avant que l'ombre m'efface, j'attends que l'on m'aime pour autre chose que mon Q.I. Ange, parle-moi encore. Peut-être toi, tu seras l'Autre. Alors délaisse la fuite, et redonne-moi l'envie de croire autrement que par ce fuck them all haineux.


Participez à notre grand concours: "un copain pour le prince de rien"!

Lundi 28 mars 2005 - J'irai lui dire la pâle heure...

Pollution de sons et de lumières, saturation urbaine incessante... les lieux touristiques à Paris sont envahis par les foules physiquement multiculturelles, mais éthologiquement toutes parfaitement identiques. Je me suis moi-même vautré dans ces foules tout au long du week-end, pixellisant le monde comme les gens éminemment pénibles qui m'entouraient, espérant avoir sur les choses un regard "autre" cependant... nous vivons une surproduction de réplication du réel par le biais de multiples appareils photos ou vidéos très (trop?) largement démocratisés. Est-ce que le souvenir a tant besoin de preuve matérielle d'une réalité qui n'est forcément pas matérialisable ni transportable? Je pense au gaspillage, à la consommation infinie qu'engendre la reproduction papier d'une vue soi-disant unique, mais pourtant immortalisée 100 fois la seconde par d'autres obsédés de la mise en boîte de monuments et autres autoportraits à la Tour Eiffel... Flux continu d'humanoïdes dressés pour photographier, bousculades ininterrompues, banalisées au point de ne plus nécessiter la moindre excuse à la personne bousculée... mais parfois, pourtant, un moment de poésie vient illuminer cette honteuse parodie de bonheur. Un garçon sis au bord de l'eau, esquissant au crayon l'écoulement de la Seine, prenant son temps, respiration et contemplation...


Dimanche 27 mars 2005 - Protège-moi de mes désirs...
Paupières baissées, visage gris
Surgissent les fantômes de notre lit
Je me remémore ce soir, après une rude journée de tourisme familial, les paroles de mon voisin hier soir, me disant qu'il me trouve des airs de Brian Molko... J'accèpte le compliment avec force jubilation et honneur, bien que la remarque me paraisse parfaitement infondée...


Samedi 26 mars 2005 - Un pas dans l'inconnu...

En rentrant chez moi ce soir, j'ai franchi le seuil de la porte de mon voisin, que j'ai croisé dans la cage d'escaliers. Hétéro plutôt ouvert et sympa, privilégiant apparemment la communication et la communion entre les membres d'un même étage... Je suis tout à fait d'accord avec lui dans l'idée, mais je sais aussi que je suis quelqu'un de solitaire, aux besoins d'indépendance disproportionnés, comme tant d'autres dans notre société de loueurs de studios... La pénétration tardive de ce nouveau lieu, si près et jusque-là pourtant si loin de chez moi, m'ouvre donc peut-être la porte à de nouveaux horizons communautaires. Cela peut certes me faire du bien et apprendre à me (re)façonner un comportement social, comme cela peut aussi me pourrir la vie si les choses s'avèrent pesantes ou trop répétitives. Il se trouve que j'ai quand même laissé s'entrouvrir ma porte ce soir. C'est un nouveau pas vers l'autre, cet inconnu évoluant dans ce monde parallèle que peut parfois être l'envers de la porte juxtaposée à la notre... J'ai des souvenirs de résidences universitaires, plutôt positifs dans leur ensemble, alors pourquoi pas... si l'on reste vigilant et que la bride ne soit pas totalement relâchée...



Vendredi 25 mars 2005 - Scène de rue

Dimanche 20 mars, 19h57 (environ), à l'approche du métro Arts et métiers. Je sors du cinéma en remontant la rue Beaubourg / Je remonte la rue Beaubourg en sortant du cinéma quand une jeune femme fond droit sur moi avec son chien.

la jeune femme - Excusez-moi... pouvez-vous me dépanner d'une minute?
moi - Pardon?
la jeune femme - Puis-je me servir de votre téléphone? juste une minute...
Et voilà comment on se retrouve à donner un peu de son temps aux autres, même bien involontairement...


Jeudi 24 mars 2005 - Rubik Space






 
 

Ce blog soutient l'action de Invader...

http://www.space-invaders.com

actuellement: Rubik space à la galerie Patricia Dorfmann
(du 24 mars au 7 mai 2005)



Mercredi 23 mars 2005 - Eloge de la lenteur...

Tout homme pressé n'apprend rien. J'ai la prétention de n'être pas pressé...
Nguyen Cam, peintre



Lundi 21 mars 2005 - (r)Evolution élémentaire
Des femmes passaient boulevard Saint-Germain, la fin d'après-midi était chaude et j'ai compris que je ne deviendrais jamais écrivain ; j'ai également compris que je m'en foutais. Mais alors quoi? Le sexe me coûtait déjà la moitié de mon salaire, il était incompréhensible qu'Anne ne se soit encore rendu compte de rien. J'aurais pu adhérer au Front national, mais à quoi bon manger de la choucroute avec des cons? De toute façon les femmes de droite n'existent pas, et elles baisent avec des parachutistes. Ce texte était une absurdité, je l'ai jeté dans la première poubelle venue. Il fallait que je garde mon positionnement "gauche humaniste", c'était ma seule chance de tirer, j'en avais la certitude intime.
Notes prises le 5 janvier dernier, à la lecture d'un passage "difficile" des Particules élémentaires, de Michel Houellebecq: "Vous est-il déjà arrivé de détourner les yeux d'un texte, tant la violence des actes décrits vous horrifiait? [cela] semble étonnant, et c'est pourtant ce qui m'est arrivé [ce matin même dans le métro] à la lecture de certains passages des Particules élémentaires... C'est bien la première fois que j'arrive à de telles extrêmités devant [des mots]"
Michel alluma une cigarette pour réfléchir. "C'est une drôle d'idée... dit-il entre ses dents. Une drôle d'idée de se reproduire, quand on n'aime pas la vie."
J'espère me tromper... j'espère de tout mon coeur que ce livre que je tiens encore entre les mains aujourd'hui, sur lequel j'ai griffoné tout le génie que j'ai pu y trouver, j'espère vraiment qu'il ne deviendra pas pour les générations futures ce que le 1984 de George Orwell est devenu pour nous. J'espère profondément que l'on ne pourra jamais dire de ce texte: mais ce livre de fiction est devenu aujourd'hui notre réalité...
Ayant rompu le lien filial qui nous rattachait à l'humanité, nous vivons. A l'estimation des hommes, nous vivons heureux ; il est vrai que nous avons su dépasser les puissances, insurmontables pour eux, de l'égoïsme, de la cruauté et de la colère ; nous vivons de toute façon une vie différente. La science et l'art existent toujours dans notre société ; mais la poursuite du Vrai et du Beau, moins stimulée par l'aiguillon de la vanité individuelle, a de fait acquis un caractère moins urgent. Aux humains de l'ancienne race, notre monde fait l'effet d'un paradis.
[...] L'histoire existe ; elle s'impose, elle domine, son empire est inéluctable.


Dimanche 20 mars 2005 - Le retour du Printemps...


Engage le jeu que je le gagne...

L'hiver s'éternisait un peu, et puis voilà que sans réelle transition on se croirait en plein été. La nature est changeante... l'homme est-il responsable du dérèglement climatique et des extrêmes de saisons (très chaud, très froid) que nous connaissons depuis déjà plusieurs années?
...mais ne gâchons pas notre plaisir et fêtons tous le retour du Soleil... j'ai pu glisser cette après-midi sur le bitume des quais de Seine, en compagnie de milliers d'autres roller-men, cyclistes ou piétons... avant de célébrer également le Printemps du cinéma, en allant découvrir Palindrome, film OVNI absolument génial, au ton doux-amer, voire "noir-cinglé" (qui a dit cinglant?), et avec une vraie idée de cinéma: faire interprêter le rôle du personnage principal (la jeune Aviva, au prénom donnant l'astuce du titre) par une multitude d'actrices souvent très différentes physiquement... au fond, est-ce que ça ne peut pas aussi être ça un palindrome: un même personnage pouvant être lu et interprêté de multiples façons?

Toujours à l'affiche: Neverland



Samedi 19 mars 2005 - Interdit bancaire!

C'est en faisant la réservation d'une place pour le concert de Mylène du 13 janvier prochain que j'ai découvert ce matin que j'étais "interdit bancaire"... tout ça à cause d'un misérable petit chèque de 28 euros qui n'avait pas été retiré jusqu'alors sur mon ancien compte, de la même banque où je suis actuellement je précise. Leur système est si simple qu'il faut en effet ouvrir un nouveau compte chèque dès lors que l'on change de région, sans possibilité de transférer l'ancien! Du coup, ayant oublié ce petit chèque (ayant été fait il y a plus de 6 mois...), mon ancien compte s'est retrouvé avec un débit de 28 euros... et mon @*!!@X?!/* de banquier n'a rien trouvé de mieux à faire que de refuser le chèque et me faire ficher par la Banque de France... interdit bancaire, je vous dis!! je suis écoeuré et humilié, ayant dû quémander de l'argent liquide à un ami pour tenir ce week-end... et ayant dû envoyer mes parents régler la somme de 58 euros (pour un chèque de 28 euros, je vois qu'on se sert bien au passage, Messieurs les banquiers!) dans mon ancienne agence de province... et tout ça pour avoir changé de région en restant dans la même banque, à laquelle je verse pourtant 6,10 € mensuel pour des services dont je n'ai pas besoin et dont je ne me sers pas. Mon compte parisien est donc rempli d'argent (MON argent!!), mais impossible de l'utiliser avant nouvel ordre, le temps que la levée de mon interdiction soit effective... Tout ça pour en venir à la conclusion que je déteste les banques et les banquiers, et tout particulièrement la Caisse d'épargne et Monsieur F. (pour ne pas les citer).

PS: tout cela ne m'a bien sûr pas empêché de faire, l'air de rien, un bon gros chèque à la billeterie de la Fédération Nationale d'Achats des Cadres la plus proche, histoire de ne pas rater l'une des dernières occasions de bénéficier d'une belle petite place en gradins... ouf! sauvé! (je retire donc mon annonce précédente, vous l'aurez compris!)



Vendredi 18 mars 2005 - Closure

Auparavant*, une porte était souvent une invitation à entrer dans un lieu pour le voyageur. Aujourd'hui, close et armée de verrous, la porte paraît surtout une façon de se protéger du dehors, semble comme un rempart dressé contre les assauts de l'extérieur. L'ennemi est juste là derrière la porte, alors surtout ne pas lui ouvrir... surtout ne plus s'ouvrir au monde!
*une référence malheureuse à un soit-disant "âge d'or" qui n'a jamais été?



Jeudi 17 mars 2005 - Impermanence II

Comme les choses changent, et comme tout est éphémère... Rien ne reste, tout court et fuit sans cesse... impermanent en permanence.
Et je reste. Immobile. Impression constante de stagnation vaine. Impression de sur-place, mais impression seulement. Je ne le sais pas, je ne le vois pas quotidiennement, mais je change... lorsque je me relis, lorsque je me souviens, lorsque je me retourne, je m'apperçois alors du chemin parcouru et du temps disparu... le vieillissement de ma peau, l'obsession des imperfections et des désagrégations de mes pores, autant de signes de ma prochaine disparition... la fin de l'espérance, l'effondrement de la croyance aux contes de fées, autant d'indices du mouvement de mes pensées... Peut-être que je suis bien trop longtemps resté seul, tellement demeuré sans les autres que j'ai fini par apprendre à m'en passer. Sans le besoin des autres, ou de l'Autre en particulier, il ne me reste plus qu'à traverser cette vie, tracer mon chemin sans besoin, scintiller puis m'éteindre tout aussi vite, sans désir et sans attachement aux choses ni à leur achèvement, en un éclair. Bref!

Mes amis et le temps
J'en fais des confettis
Je les perds si souvent
Et si souvent, j'en ris
RoBERT, Sans domicile fixe


Mardi 15 mars 2005 - Point commun?

Jean Cocteau - Léonard DeVinci - Bertrand Delanoé - André Gide - Alexandre le Grand - Michel-Ange - Steevy Bouley - François Villon - Marcel Proust - Marc-Olivier Fogiel - James Dean - Louis II de Bavière - Etienne Daho - Francis Bacon - Hans Christian Andersen - Boy George - Michel Foucault - Jean-Paul Gaultier - Cary Grant - Henri IV de Castille - Edgar Hoover - Madame de Stael - Stéphane Bern - Socrate - Arthur Rimbaud - Sappho - Gus Van Sant - Virginia Woolf - Jean-Luc Romero - Marguerite Yourcenar - Pier Paolo Pasolini...

[y'a plus qu'à voter... et à établir le classement des 100 personnes les plus gay de tous les temps!!] 



Lundi 14 mars 2005 - Elle, isolé(e)dans un corps presqu'il...
Alors le prochain morceau est dédié à tous les garçons qui aiment les garçons, à toutes les filles qui aiment les filles, à toutes les filles qui aiment les garçons, à tous les garçons qui aiment les filles...
Indochine, dédicasse sur la chanson 3ème sexe lors du live 3.6.3
Et même: à tous les garçons qui aiment les filles et les garçons, à toutes les filles qui aiment les garçons et les filles...
Et puis même: à tous les garçons qui sont des filles, à toutes les filles qui sont des garçons, aux filles-garçons et aux garçons-filles!!
...merci de votre tolérance!

Dimanche 13 mars 2005 - Key words

Et si l'on s'amusait un peu pour achever tuer le week-end? Je vous propose une sélection de mots clés utilisés par des internautes dans divers moteurs de recherche et qui leur ont ouverts les portes de mon blog... (j'aurais pu être bien plus emphatique que cela, alors je ne veux rien entendre!)

-les plus attendus: "gay blog", "blog intime de garçon", "blog perso gay", "gay jeune perso"
-les variantes géographiques: "blog gay paris", "blog photos gay lyon", "blog saint chamond", "blog gay grenoble"
-les variantes un rien perverses: "blog perso photo nue", "blog sex", "blog/sex/gay", "blog perso chaud", "blog gay adolescent"
-la consécration (déjà): "prince de rien", "beaux mecs gay site perso" (c'est tout moi ça!)
-les demandes a priori abouties: "pinktv habillage", "parole luke la sentinelle", "politest", "ecospheres", "tronquito de la chance" (paix à son âme...), "campagne gap avec sarah jessica parker", "conference de presse mylene farmer", "vincent delerm intime", "citations papillotes"
-les demandes peut-être un peu moins abouties: "freebox branchements canal", "freebox plus de tonalité" (en effet ça arrive souvent...), "concert michal", "telecharger garçon stupide"
-les cautions culturelles: "alvare sanchez de moncadès", "anselm kieffer", "derrida in le monde"
-les trucs marrants: "karaoké mourir demain", "damien saez aime les gays" (la citation n'engage que son auteur!), "besoin de mon indépendance", "blog gay fringues", "chantal goya samedi 4 decembre 2004"
-les mystères: "message subliminal mylene farmer" (sublimement ésotérique), "année jeanette por que te va", "www.les film gay homo sur arte"



Nouveau sur "ebrain": comment obtenir un cerveau à bas prix!

Samedi 12 mars 2005 - Dispersion

Dans la rue, dans les bars, dans les soirs et les soirées, dans les boîtes, dans les restaurants, au bar de la cantine de la BnF, sur les trottoirs, dans le métro... il y a toujours quelqu'un pour vous renvoyer cracher sa fumée au visage. Insupportable flux continu et étouffant, résultat de brûlures et de consumations qui se déversent à longueur de jours à l'intérieur de nos corps, s'obscurcissant en-dedans... Fumée rideau, fumée écran, filtre pour nous voiler la vie, pour la rendre plus sombre encore. Cette décomposition superficielle, belle image, certes, de la pensée fugitive qui s'envole et se disperse bien au-delà de nous, qui circule et se mélange à d'autres fumées, à d'autres pensées mouvantes... mais si j'en apprécie l'image ou le clin d'oeil purement esthétique, je n'en exécre pas moins la réalité. La description de la fumée est bien plus belle que la fumée elle-même. Alors, au risque de passer pour un faiseur de slogan: Tous ensemble, brûlons la cigarette!



Info site: mise à jour des statistiques

Jeudi 10 mars 2005 - Jh ch jh

Petite annonce: j'échange mes 2 places en fosse pour le concert de Mylène Farmer "Avant que l'ombre" à Bercy (soir du vendredi 13 janvier 2006) contre une place en gradins (place à 132 euros) même soir. Je paye sans problème la différence de prix! contactez-moi vite!

Sinon, venant d'apprendre avec une subtilité toute masculine que la personne qui m'a laissé me compromettre ce week-end ne voulait pas "s'engager" en ce moment... eh bien, le concours "un copain pour le prince de rien" est donc toujours d'actualité, sauf que vous ne bénéficierez peut-être pas de la place de concert du 13 janvier si l'annonce que je passe ci-dessus fonctionne... :)



Jeudi 10 mars 2005 - Just believe...

De retour de Neverland hier soir, je retrouve mon chez moi, mausolée urbain de 16 m². Seul, isolé, sans rêve, à penser que tout doit recommencer demain: ADULTE, en d'autres mots... mais l'opposition adulte / enfant n'est pas juste. Ou plutôt: les termes employés ne sont pas justes... Sous "adulte", nous pouvons notamment trouver la rationalisation, la résignation et la mort... Sous "enfant", l'imaginaire, le rêve et l'espoir... mais n'importe quel enfant ou n'importe quel adulte au sens propre du terme peut, s'il ne prend pas garde, demeurer un adulte toute sa vie... même s'il est évident, de toute façon, que ce monde sera toujours constitué d'une majorité d'adultes pour établir les frontières et déclarer les guerres. L'essentiel, peut-être, serait alors de maintenir un nombre suffisant d'enfants dans le monde, ou du moins d'éviter leur extinction définitive... alors croyons aux fées, qu'elles soient clochettes ou folles tordues sur les chars de la gay pride, et tapons dans nos mains... Je sais qu'il est difficile d'accéder au pays de nulle part ou de trouver le monde qui n'existe pas... mais l'abandon est sans doute la pire chose qu'il puisse arriver, bien plus atroce encore que de Croire en demain, ou à cet ailleurs qui n'existe pas...



Mardi 8 mars 2005 - Hypnose régressive

J'ai peur de me souvenir de choses qui ne se sont pas passées...
[3 mars 2005]



Lundi 7 mars 2005 - Après que l'ombre...

Je viens de voir Un amour à taire, ce soir sur France 2. Un téléfilm superbe qui jette la lumière sur la tragique vérité de la déportation des homosexuels au cours de la seconde guerre mondiale, jusque-là demeurée dans l'ombre. Le scénario est subtil et réaliste, les personnages crédibles, leur interprétation parfaite (ah, Jérémie Rénier!), et l'Histoire apparemment respectée... dans toute sa cruauté! l'inhumaine humanité dans toute son horreur et sa barbarie... Les larmes du pauvre individu devant l'absurde collectivité humaine m'ont submergé ce soir.



Lundi 7 mars 2005 - Aimer Tu
Aimer tue dès la première seconde
Aimer nuit déjà gravement à tout le monde
Aimer nous tuera qu'on soit soumise ou pute
Et plus dur sera la rechute

Sachez qu'aimer nuit à votre entourage
Etre amoureux fou est un vilain présage
Aimer nous tuera qu'on soit soumise ou pute
Et plus dur sera la rechute
Puisqu'aimer tue...

Benjamin Biolay, Aimer tue

Une seconde de bonheur... un week-end intéressant auquel j'ai souvent repensé aujourd'hui. Une promenade photographique au cimetière, un excellent film au cinéma (Quand la mer monte, de l'atmosphérique et bucolique Yolande Moreau), et une très belle nuit qui s'ensuivit... était-ce le début de quelque chose? faut-il vaincre mes dernières peurs et tâcher de faire le maximum pour qu'il naisse quelque chose de cette nuit? faut-il aimer un peu moins Je? Aimer Tu dès la première seconde / Et mes nuits déjà...


Dimanche 6 mars 2005 - Interrogation philosophico-métaphysique

Un homo qui devient hétéro en est-il pour autant une lesbienne?



Samedi 5 mars 2005 - Avenir sans fin...
En 2004, l'augmentation de l'espérance de vie a battu tous les records: +0,9 an. Encore un effort et l'accroissement annuel dépassera l'unité. Dès lors, plus nous vieillirons et plus l'heure de notre disparition s'éloignera! Nous n'avons jamais été si proches de l'éternité...
Laurent Michel (Les Ulis), extrait du Courrier des lecteurs de Télérama n°2877
Encore quelques années de vieillesse à ajouter à notre fin de vie agonisante... chouette!


Vendredi 4 mars 2005 - Sur le mur nos soupirs...

Heurter sa vie à un mur... et croire qu'il existe quelque chose derrière ce mur. Laisser mourir nos illusions, éreinter nos rêves sur la brique et se compromettre... tout ça pour quoi? pour une barricade inébranlable, pour une muraille infranchissable, pour un mur ineffondrable, qui n'a peut-être même rien à cacher ou à révéler... (soupir et résignation, et même plus la moindre rage)



Jeudi 3 mars 2005 - Instants culturels en -isme

Instant Z: Avant mes vacances, j'étais allé voir la pièce Love, valour et compassion au théâtre de la Porte Saint-Martin... un pur "bonheur"! des acteurs sympa et follement gay, des répliques qui font mouches, du rire, des larmes... et du chaud! (notamment avec le spectacle offert de la nudité intégrale d'un ex-What for plastiquement sublime!) Et dans la série "je rencontre des stars à Paris", Eric Gueho (le chroniqueur "bonheur, bonheur, bonheur" de Pink TV) s'est assis à côté de moi juste avant la levée du rideau...
Instant Y: "Mon oeuvre n'a aucun avenir. Je le sais. Dans quelques années, évidemment, elle n'aura plus de sens"... et pourtant Andy Warhol, mort depuis 18 ans, est encore exposé dans les musées! Pendant mes vacances, j'ai eu l'occasion de visiter l'expo consacrée à la dernière partie de sa carrière au Musée d'art contemporain de Lyon: un must d'illusion plastique sur trois étages, mélangeant photo, peinture, vidéo... à voir! Quant à Gilbert & George, exposés "en première mondiale" (sic) au Musée d'art moderne de Saint-Etienne, j'ai trouvé qu'ils rejoignaient en partie l'idéal d'art illusoire warholien, eux qui veulent "frapper le spectateur avant qu'il ait le temps de réfléchir", est-ce pour mieux camoufler la vacuité de l'ensemble? too much arty!
Instant X: le sexe étouffe. Je ne "viens" plus. Pourquoi mon monde est-il virtuellement gay?! [extrait exclusif "en première universelle" de mon Journal du mercredi 25 février 2004: Suis-je un homosexuel asexué?] Si je n'écris plus mon Journal, est-ce parce que j'écris ce Blog? est-ce parce que je n'en éprouve plus le besoin? est-ce parce que j'ai le sentiment d'avoir tout dit? est-ce parce que je m'ennuie et que ma vie n'avance plus? la stagnation freine-t-elle l'inspiration?



Mercredi 2 mars 2005 - Navet et pommes de terre à l'eau
C'est pas moi qui ai tué les enfants... c'est les loups!
Catherine Degrâce, dans Giorgino

Je ne comprends pas pourquoi ce film n'a pas marché... Mylène Farmer, Laurent Boutonnat, promotion télé et sans doute partout ailleurs... et surtout, il n'est pas le navet tant annoncé, ce qui lui ferait mériter son statut de flop monumental! Trois heures, c'est un peu long, certes, pour une histoire plutôt simple, mais néanmoins cohérente et intrigante... Il y a des personnages intéressants, des décors superbes, une mise en scène travaillée, du symbole, de l'intelligence parfois, du spectacle, de l'émotion... et Mylène, telle qu'en elle-même: folle, psychotique, suicidaire... un vrai bonheur! Non, vraiment il y a des choses qui ne s'expliquent pas: est-ce la noirceur de l'ensemble? la crudité de certaines scènes? L'ambiance moite et glauque qui suinte de cette mystèrieuse toile éteinte et désormais disparue?



Mardi 1er mars 2005 - L'apatride désincarné

Perdu. Ailleurs. On rêve de là-bas quand on est ici, et vice-versa. Je suis revenu de là-bas. Je ne sais toujours pas qui je suis, où je suis, où j'en suis. Je cherche. Je ne cherche pas. Je ne cherche plus. Je m'en veux. Je passe à côté. Je repasse. Je trépasse. Je passe à côté de tout. Je passe à côté du monde. Je passe à côté de moi. Je passe à côté de toi. Je pleure. Je ne pleure pas. J'ai peur. Peut-être. Un cri là-bas. Il n'y pas de bruit ici. Mais ici n'est pas ailleurs. Ici n'est toujours pas cet ailleurs. Ici n'est pas encore l'ailleurs que je recherche. Mais je ne cherche pas. Mais je ne cherche plus. Je suis seul. Je me sens mal. Je me sens seul. Je me sens bien. Je ris. Je crie. Je pleure. Je jouis. Seul. Peur. Il est mardi. Demain tout recommence. Métro, etc. Je cherche quelque chose. Je ne sais pas ce que je cherche. L'air est pollué. Je suis ici, mais ce n'est pas ma vie. J'étais là-bas, mais ce n'est pas ma vie. Ce n'est plus ma vie. Est-ce que c'était ma vie? Je cherche. Vais-je trouver? Qu'est-ce que je vais trouver? Je ne veux pas que tout recommence. Je ne veux plus que le temps passe. Je ne veux pas me lever les matins. Je ne veux pas travailler. Je ne veux pas sortir. Je ne veux pas plaisir. Je ne veux pas courir. Je ne veux pas mourir. Je ne veux pas vivre. Je veux partir. Ailleurs. Nulle part. Ailleurs n'existe pas. Pas d'échappatoire. Jamais. Manqué. Perdu.


© 2005 Prince de rien, blog perso

pour faire mes recherches sur internet, j'utilise:
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